Est-il préférable pour un groupe français de chanter dans la langue de Shakespeare ou en français ?

La réponse à cette question est moins évidente qu’il n’y parait :

Prenons l’exemple du groupe de rock français Phoenix (qui chante en anglais) :

Les débuts du groupe étaient difficiles. Le label Source aimerait que Phoenix chante en français mais rien n’y fait, le groupe est résolument un descendant du rock britannique, des Bee Gees ou de Springsteen. En juin 2000, leur premier album « United » se retrouve dans les bacs. Avant même la sortie du disque, les titres trouvent leur public à la radio britannique. La France est, elle, très critique et rejette les Versaillais qui ne se découragent pas et commencent une longue tournée de plus de deux ans. En 2004, Phoenix sort son second album « Alphabetical » puis, en 2006, « It’ s Never Been Like That », qui connaît un grand succès mondial sans toutefois être plébiscité dans l’Hexagone, toujours pas !

Sorti en mai 2009, « Wolfgang Amadeus Phoenix » s’est vendu à 200 000 exemplaires outre-Atlantique et à 50 000 exemplaires en France.

Le 20 octobre 2010, le groupe de rock Phoenix est devenu le premier groupe français à se produire au Madison Square Garden de New York, devant 20 000 personnes.

Il est donc établi qu’un groupe français chantant en anglais aura du mal à se faire une notoriété dans notre pays, la principale raison étant les quotas imposés aux médias français.
En effet, aux termes de la loi du 30 septembre 1986 modifiée, les stations de radio sont tenues de diffuser une certaine proportion de chansons francophones.

L’article 28-2 bis de la loi est ainsi rédigé :

« La proportion substantielle d’œuvres musicales d’expression française ou interprétées dans une langue régionale en usage en France doit atteindre un minimum de 40 % de chansons d’expression française, dont la moitié au moins provenant de nouveaux talents ou de nouvelles productions, diffusées aux heures d’écoute significative par chacun des services de radiodiffusion sonore autorisés par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, pour la part de ses programmes composée de musique de variétés.

Par dérogation, le Conseil supérieur de l’audiovisuel peut autoriser, pour des formats spécifiques, les proportions suivantes :

– soit, pour les radios spécialisées dans la mise en valeur du patrimoine musical, 60 % de titres francophones dont un pourcentage de nouvelles productions pouvant aller jusqu’à 10 % du total, avec au minimum un titre par heure en moyenne ;

– soit, pour les radios spécialisées dans la promotion de jeunes talents, 35 % de titres francophones dont 25 % au moins du total provenant de nouveaux talents. »

Cependant, les quotas radiophoniques trouvent actuellement leurs limites avec l’arrivée d’Internet et les fans de musique font désormais eux-mêmes leurs choix sur youtube, dailymotion, deezer et autres iTunes Store.

 

Sources : CSA / Phoenix myspace / evene.fr / nouvelle scène rock

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